Si vous avez été trop occupé à regarder en boucle les derniers clips de la campagne américaine Clinton / Trump ou les dernières débats des primaires en France, alors vous avez probablement remarqué que de plus en plus d’économistes demandent maintenant à leurs gouvernements des changements de politique budgétaire, la fameuse relance…

Qu’est ce que la politique budgétaire et comment est-elle différente de la politique monétaire?

Tout d’abord, vous devez savoir que les deux politiques visent à influencer la rapidité ou la lenteur des prix à la consommation (inflation) et la croissance économique (PIB). Après tout, les deux doivent croître à des taux soutenables pour prévenir les déséquilibres économiques. Les deux politiques ont leurs avantages, mais elles ont aussi des limites. Jetons un coup d’œil de plus près:

Qu’est-ce que la politique monétaire?

Les politiques monétaires visent à contrôler l’offre d’argent circulant dans l’économie. Elles sont mises en œuvre par les banques centrales et les autorités monétaires, qui sont généralement quasi-indépendantes mais leurs décisions peuvent parfois être influencées par les gouvernements, les entreprises et les autres acteurs du marché. Les banques centrales contrôlent généralement la masse monétaire de trois manières:

  • Taux d’intérêt – Le taux qu’il facture aux banques commerciales pour emprunter de l’argent;
  • Ratio de réserves obligatoires – Le pourcentage de dépôts des clients des banques commerciales sont tenues de déposer en banque centrale.
  • Opérations de marché ouvert – L’achat (la vente) de la dette d’états ou d’entreprises, ce qui représente effectivement des prêts (retenues) d’argent aux acteurs du marché.

Dernièrement, les banquiers centraux comme la Réserve Fédérale Américaine et la Banque d’Angleterre ont également utilisé des « Forward guidance » ou guidage des anticipations c’est à dire l’action de partager leurs anticipations et futurs plans dans une tentative d’influencer les décisions de dépenses des ménages et des entreprises ainsi que de réduire les spéculations sur leurs prochaines réunions. Nous sommes dans la société de pure communication.

Dans le cadre d’une politique monétaire expansionniste, les banques centrales tenteraient d’accroître l’activité économique en abaissant leurs taux d’intérêt et / ou les ratios de réserve obligatoire et en achetant des dettes «sûres» et de qualité (comprendre bien notée par les agences de notation). En théorie, plus d’argent coule dans les banques commerciales plus cela devrait se traduire par plus de prêts aux entreprises et une augmentation des dépenses des ménages.

Dans une politique monétaire restrictive, les banques centrales souhaitent diminuer la masse monétaire en augmentant leurs taux d’intérêt et / ou les ratios de réserve obligatoire et vendant leurs titres de créance. Emprunter est plus difficile, ce qui limite de facto l’activité économique. Les politiques monétaires sont plus rapides à mettre en œuvre, car elles ne nécessitent pas l’approbation d’autres acteurs du marché. Cependant, leur impact peut être limité lorsque les acteurs du marché ne répondent pas comme il le devrait aux stimulations classique des banques centrales. Par exemple, les banques commerciales peuvent utiliser l’argent supplémentaire ainsi disponible pour payer des dettes et accumuler de l’argent au lieu de les prêter aux entreprises et aux ménages, ce qui diminue l’impact des politiques monétaires expansionnistes.

Qu’est-ce que la politique fiscale / budgétaire ?

Rien de semblable ici avec la politique monétaire ! Les politiques fiscales relèvent directement du gouvernement. Ils obtiennent leur argent et influencent l’activité économique de deux façons:

  • Taxes – Comme dans celui que vous avez à déclarer à l’IR.
  • Dépenses publiques – Cela inclut les dépenses d’infrastructure ainsi que les activités du marché de la dette comme l’achat et la vente de bons du Trésor et d’obligations.

Les dépenses publiques affectent directement le PIB. Dans le cadre d’une politique budgétaire expansionniste, le gouvernement stimulerait la croissance soit en réduisant les impôts, soit en intensifiant ses efforts de dépenses dans des secteurs ciblés, des investissements et des collectivités. Les dépenses d’infrastructure, en particulier, créent directement des emplois, ce qui augmente encore les capacités de dépenses des ménages. Dans une politique budgétaire restrictive, le gouvernement refroidirait l’activité économique soit en augmentant les impôts, soit en diminuant ses dépenses. Contrairement aux politiques monétaires, les politiques budgétaires peuvent être plus ciblées et influencer directement la demande globale. Toutefois, les changements de politique budgétaire prennent plus de temps à mettre en œuvre, car ils devront passer par des dialogues et des processus gouvernementaux pour être approuvés.

Pourquoi ils doivent travailler main dans la main

Dans un récent discours devant le Parlement européen, le gouverneur de la BCE Mario Draghi a indiqué que si aucune autre politique n’était mise en place, la durée de l’efficacité de notre politique monétaire sera plus longue, tout en ajoutant que, les actions des gouvernements nationaux sont nécessaires pour libérer la croissance. A titre d’exemple les fonctionnaires japonais appellent également à une action gouvernementale, avec le vice-gouverneur de la banque du Japon Hiroshi Nakaso qui a indiqué que la banque du Japon avait récemment pris des mesures audacieuses… mais cela seul ne suffirait pas. Il faut des réformes structurelles pour promouvoir l’innovation. Même des banques centrales comme la banque d’Angleterre, la réserve Australienne et la réserve de Nouvelle-Zélande  ont mis en garde contre les limites de leurs politiques monétaires. De toute évidence, on arrive à la limite de ce que les banques centrales peuvent faire et ceci est particulièrement problématique pour les banques centrales comme la BCE et la BOJ, qui luttent encore pour atteindre leurs objectifs d’inflation malgré la baisse de leurs taux à des niveaux négatifs et l’achat de tonnes d’actifs.

De même, trop de dépenses publiques comme en « Chine » et pas assez d’orientations monétaires peuvent conduire à l’incertitude des marchés et à une croissance déséquilibrée.

Pour l’instant, il semble que beaucoup de grandes banques centrales ont poussé la création monétaire, mais ces politiques montrent leurs limites. Jusqu’à quel point sont-elles disposées à aller avant de mettre les états devant leurs responsabilités. Est-ce que les acteurs du marché se retourneront alors vers les gouvernements pour obtenir des décisions favorables à l’inflation et la croissance économique ? Mais alors qu’en sera t-il de la dette et des intérêts de la dette si les gouvernement mettent en place des relances budgétaires et que la croissance repart avec des taux d’intérêts qui seront alors en hausse ? Future crise économique ?

Please follow and like us:

Article intéressant? Faite passer l'info :)