Mario Draghi a averti que si l’Union européenne ne poursuivait pas une intégration plus économique et politique elle risquait de perdre son statut de puissance mondiale. A Lausanne ce jeudi, le président de la Banque centrale européenne a indiqué que l’abandon de l’UE n’était pas un moyen de reprendre le contrôle, comme si reprendre ses affaires en main c’était abandonner sa souveraineté. Monsieur Draghi a déclaré que le renversement de l’intégration, c’est à dire la sortie de l’UE, permettrait aux régions extérieures à l’Europe de devenir plus dominantes dans l’établissement de politiques qui influencent la vie des gens.

Selon Draghi le président de la BCE,  « Dans un monde où la taille relative de l’Europe diminue et où la technologie, l’environnement et le marché imprègnent les frontières nationales, le fait d’agir ensemble comme moyen de retrouver ses capacités est plus fort que jamais ». Hors contexte c’est tout à fait vrai, mais c’est oublier un peu vite que les commissaires européens sont des partisans de la mondialisation « no limit », ce qui veut dire que c’est incompatible par définition avec la notion de frontières. Alors bien sûr « l’environnement et les marchés » imprègnent intégralement les pays de l’Union Européenne, monsieur Draghi a bien mis le doigt sur le problème mais plus d’UE dans ces conditions ne règlera pas le problème « d’imprégnation ».

Le président de la BCE a également critiqué les projets européens qui restent selon lui incomplets comme l’union bancaire pour laquelle il manque une assurance des dépôts commune à la zone Euro. De ce point de vu, nos pouvons noter que l’assurance commune des dépôts n’existe pas encore mais que l’UE a bien mis en place la « loi de résolution bancaire » en cas de faillite d’une banque ce qui aura pour conséquence de voir les dépôts des clients aspirés pour combler le manque de fond propre d’une banque en faillite. Par conséquent non seulement les européens n’ont pas d’assurance dépôt avec l’EU mais en revanche une banque en faillite peut piller leur compte bancaire en toute légalité.

En faisant allusion à la vague de populisme anti-UE en France, M. Draghi a dit que, «À la lumière des nouveaux défis auxquels nous sommes confrontés, l’union reste essentielle pour assurer le véritable intérêt des citoyens ».

M. Draghi a déclaré que la région fournissait aujourd’hui une part moins importante de la richesse mondiale et que sa population représentait également une plus petite proportion que par le passé. Selon lui cela signifie qu’il «devient encore plus important que les pays européens puissent regrouper leurs ressources et exploiter des économies d’échelle». L’idée étant de donner plus de pouvoir à l’Union Européenne pour influencer les règles du commerce mondial et pour offrir aux citoyens européens une certaine protection contre certains des dangers qui peuvent accompagner la mondialisation. Monsieur Draghi avoue ici que la mondialisation voulue par l’UE présente des danger pour le citoyen européen.

 

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