Les contrats à terme et les options sont les outils les plus couramment utilisés pour couvrir le risque de taux d’intérêt à court terme. Ces contrats à terme sont le reflet direct de la perception collective du marché concernant le cours futur de la politique monétaire de la Réserve fédérale. Si nous utilisons les cours des contrats à terme pour prévoir ce que seront les taux d’intérêt aux Etats-Unis dans 1 mois, 3 mois, 1 an ou plus nous obtenons le graphique suivant :

Hausse de taux décembre 2016

En fonction de ces évènements on peut voir clairement que les marchés même s’ils n’ont pas toujours raison anticipent clairement des hausses de taux de plus en plus probable au fur et à mesure des évènements géopolitique occidentaux. Si l’anticipation de hausse post référendum sur le Brexit était encore relativement faible avec une hausse anticipée de 0,25% sur 2 ans, il en a été autrement avant le résultat de l’élection du président des Etats-Unis avec une hausse de 0,65% sur 2 ans et encore autrement avec  un décollage des taux beaucoup moins timide après l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche avec une hausse anticipée de 1,15%. Certes ce n’est pas l’apocalypse présentée dans certain média mais l’accélération de la hausse ressort clairement.

Quel impact pour nous en Europe et plus précisément en France :

Si l’on en croit les dernières déclarations de Mario Draghi concernant sa politique monétaire, la BCE a prévu de repousser son programme de rachat d’actifs de 9 mois sachant que ce dernier devait prendre fin au mois de mars 2017. Donc pour 2017 la BCE continuera de racheter de la dette au rythme de 60 à 80 milliards par mois tout en décidant d’assouplir ses critères de rachat d’actifs ce qui bien sûr devrait stabiliser les taux au plus bas.

D’ailleurs, il est clair d’après le graphique ci-dessus qu’il y a une corrélation assez franche entre les évènements politiques majeurs et la hausse de cette courbe des taux. Et on peut se demander si les futurs évènements en Zone Euro et notamment celui de l’élection présidentielle en France ne sont pas liés à la décision de la Banque Centrale Européenne de continuer sa politique de rachat d’actif afin de se donner les moyens de contrer une réaction brutale des marchés. Une remise en cause de l’appartenance de la France à la Zone Euro pourrait être un de ces évènements.

Autre intérêt majeur de la stabilisation des taux au plus bas par la BCE est bien sûr la baisse de l’Euro qui pourrait être un vecteur de relance économique par la compétitivité à l’export des entreprises européennes, mais aussi par voie de conséquence un vecteur d’augmentation de l’inflation importée qui ne déplairait pas à monsieur Draghi mais dont le consommateur fera directement les frais avant de voir les bienfaits.

Conséquence à court terme pour le crédit aux particuliers en France

La conséquence pour les offres de crédits aux particuliers c’est une relative instabilité à court terme avec un arrêt des baisses de taux notamment pour les offres de crédit immobilier moins cher qui suivent l’évolution des OAT (Obligation Assimilable au Trésor) et certainement une hausse de taux de quelques points en début d’année 2017. D’ailleurs les acheteurs ne s’y trompent pas, puisque la baisse des taux conjuguée à la baisse des prix dans l’immobilier résidentiel a redonné du pouvoir d’achat aux acheteurs (15% selon les dernières estimations) ce  qui s’est traduit par la hausse des volumes des transactions, la vente des biens les plus décotés (les meilleures affaires) et par voie de conséquence directe la légère reprise sur les prix qui devrait se confirmer dans les mois qui viennent en l’absence d’évènement majeur.

DNR pour moncreditmoinscher.com

Please follow and like us:

Article intéressant? Faite passer l'info :)