On en parle de plus en plus, ils font la une des journaux, les taux d’intérêt négatifs sont-ils vraiment la solution à la crise actuelle ?

Ce qui est incontestable c’est que les taux d’intérêt négatifs ont participé à réduire directement les coûts de financement bancaire avec comme corolaire une augmentation du prix des actifs, notamment sur le marché des obligations. En revanche cette augmentation du prix des actifs ne s’est pas concrétisée sur le marché immobilier français où les prix stagnent globalement. Il semble de plus en plus clair que les masses de liquidité fournies aux banques vont plus vers les marchés financiers que vers l’économie réelle, créant ainsi une déconnexion en l’économie et les marchés.

Conséquences pour les banques

D’autre part ces taux négatifs et notamment les taux de dépôt de la Banque Centrale Européenne (BCE) de 0,4% en territoire négatif, auxquels les banques commerciales placent leurs excédents de liquidité, devrait avoir un coût direct sur les résultats des banques même s’il ne s’est pas encore concrétisé.

Ce qu’il faut savoir c’est que ce cumul taux d’intérêt négatif et assouplissement quantitatif (QE) représente une situation pour le moins inédite et cette politique est maintenant appliquée au Japon, en Suisse et en Zone Euro.

Conséquences pour les épargnants

L’effet négatif pour les clients des banques c’est que de plus en plus de voix s’élèvent sur la possibilité de faire payer les avoirs sur les comptes bancaires. Ainsi la BPCE (Caisse d’Epargne Banque Populaire) a été la première banque en France à évoquer cette nécessite. De l’autre coté du Rhin le coût des taux négatifs pour les banques allemandes serait d’environ 250 million d’euros. Actuellement les banques françaises ont réussi à limiter l’impact du coût supplémentaire des taux négatifs grâce à des réductions de coût, des frais et autres commissions supplémentaires prélevées sur les comptes des clients mais ces solutions qui ont permis de contrebalancer la hausse du coût des dépôts ne résisteront pas à d’autres baisses de taux de la BCE. En Bavière une banque coopérative la Raiffeisenbank de Gmund a envoyer une lettre à ses clients pour indiquant que les dépôts au-delà de 100 000 euros seront taxés à 0.4% / an. De même Royal Bank of Scotland a indiqué qu’elle facturerait le coût à ses clients commerçant, clubs et associations si la Banque d’Angleterre décidait d’en venir aux taux de dépôt négatifs.

Autre effet négatif pour les épargnant c’est la baisse de rémunération de l’épargne avec un livret A à 0,75% et autres PEL qui ont atteint des plus bas historiques. Sans compter l’assurance vie qui souffre directement des politiques d’assouplissement monétaire des banques centrales avec leurs programmes de rachat d’actifs qui impactent directement l’équilibre entre l’offre et la demande de produits financiers et par conséquent qui poussent les taux encore plus à la baisse pour ce qui concerne les obligations. La conséquence directe si cette politique des taux bas continue c’est que les compagnies d’assurance ne pourront plus à terme garantir un taux de rémunération minimal pour l’année ce qui risque de pousser les épargnants faire des rachats en masse avec pour conséquence une impossibilité pour la compagnie de pouvoir faire face à ses obligations.

D’où l’idée des gouvernements de faire voter des lois qui permettent aux compagnies d’assurance de bloquer tout rachat, avance ou arbitrage sur ces contrats pour éviter une faillite des assureurs et une nouvelle crise financière sans précédent. L’idée à d’ailleurs certainement été reprise des lois de résolutions bancaires votées assez rapidement cette année et qui permet aux banques de venir se servir sur les compte des clients en cas de dépôt de bilan.

Pour prévenir ces évènements, c’est à dire les rendements quasi nuls ou négatif pour les épargnants ou un éventuel blocage des comptes, les compagnies d’assurance essaient de d’orienter les assurés vers les unités de compte au lieu des fonds Euro. Le risque pour les épargnants inexpérimentés et habitués aux taux fixes garantis c’est de se retrouver avec des moins values importantes sachant qu’en plus la baisse actuelle des taux a fait grimper le prix des actifs disponibles sur les marchés formant ainsi une nouvelle bulle prête à exploser si les taux repartaient brutalement à la baisse.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que des produits d’épargne bien rémunérés et sans risque majeur seront difficile à trouver et qu’il faudra être sélectif et bien informé pour conserver et faire fructifier son épargne financière.

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