Depuis la crise de 2008 et l’engloutissement de milliards d’euros et de dollars dans les économies développées le problème de la dette a été révélé au grand public, les quelques économistes et financiers qui étaient alors pris pour des marginaux ont pu voir leurs prévisions se réaliser.

La dette n’est pas un mal en soit quand elle est créatrice de richesse, bien au contraire, elle permet à l’épargne de générer des revenus pour compenser l’inflation et à l’économie de se développer en créant des emplois. Dans le cas contraire la dette est destructrice de richesse et quand on parle de la dette nationale, la dette d’un pays ou d’un état, c’est la richesse du contribuable qui est atteinte et rongée comme la rouille fini par détruire toute la structure d’un métal aussi solide soit-il à l’origine. Et une fois la richesse disparue, même en partie, il faut la recréer entièrement comme l’ont fait toutes les générations qui nous ont précédés.

Alors la question que l’on peut se poser aujourd’hui est de savoir d’où vient ce besoin d’endettement, est-ce réellement la crise des subprimes ou le mal est-il plus profond et cette crise n’a finalement été qu’un déclencheur comme l’aurait pu être la crise d’internet au début des années 2000. Si nous analysons les chiffres du passé la dette de la France est croissante sans discontinuité depuis 1975 suite au premier choc pétrolier, le poids de la dette publique a été en constante augmentation par rapport au PIB passant de 20% du PIB à aujourd’hui 89% du PIB. Quels sont les facteurs qui peuvent expliquer cette augmentation :

  • Hausse du chômage sur cette même période avec quelques rares périodes fastes où il s’est réduit, avec pour cause l’automatisation, l’informatisation, la concurrence internationale des pays émergents et de pays développés plus compétitifs et les besoins en équipement moins important qu’après guerre durant les 30 glorieuses;
  • Les dépenses de l’état qui flambent avec des besoins d’indemnisation RMI, RSA, aides sociales plus importantes et une fonction publique qui s’étoffe malgré l’informatisation contrairement à nos voisins européens et à toute logique.

On pourrait certainement citer d’autres raisons qui expliqueraient cette dette mais ce n’est pas l’objectif de cet article. La conséquence de cette dette ce sont les intérêts croissant qui concourent eux-même à plus de dette chaque année.

Budget de la france de 2009 à 2011 en EurosLe déficit de l’état en terme d’exploitation correspond à la partie hachurée, l’état dépense 30% de plus qu’il encaisse, ce déficit étant financé par la dette. De manière simple il suffirait alors de réduire les dépenses de l’état pour ne plus faire déficit et réduire année après année l’endettement. Mais voilà ce déficit correspond à des dépenses directes injectées dans l’économie, le PIB, réduire ce déficit revient à réduire le PIB, si on prend comme hypothèse 1€ de déficit égal 1 € de PIB (hypothèse favorable) alors voici ce qu’aurait pu être la croissance.

Historique PIB déficit France

On voit clairement qu’il n’y aurait pas eu de croissance réelle depuis la crise internet (courbe rouge) et de manière clairement alternative avant. Dans ce cas nous aurions vécu une crise comme les grecques l’on vécu avec une augmentation du taux de chômage et les conséquences économiques qui s’en suivent.

Il apparait alors que toute tentative de cure d’austérité sans intervention sur les causes même de ce dysfonctionnement comme citées plus haut rend impossible toute croissance sans endettement supplémentaire.

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