Nous ne sommes que début septembre, la première semaine complète du mois de la rentrée 2016/2017 et déjà nous avons entendu pas un, pas deux, mais six grandes banques centrales!

Qu’est-ce que la RBA, BOC, BCE, BOE, et la BNS ont à dire et comment ont leurs mises à jour ont affecté leurs monnaies et économies respectives.

Banque centrale australienne : On attend…

Mis à part ses baisses de taux en mai et en Août, cette banque centrale australienne (RBA: Reserve Bank Australia) à peine changé sa déclaration du mois précédent ce qui n’a pas déçu les chasseurs de volatilité.

La banque centrale croit encore que la croissance globale se poursuit, en dépit d’une très forte baisse des investissements des entreprises, aidée par la croissance de la demande intérieure dans d’autres domaines et des exportations. Elle pense également que les coûts salariaux faibles et la faible inflation mondiale va continuer à maintenir les prix bas en Australie.

Les traders ont considéré que la banque centrale australienne attend l’impact de ses précédentes mesures de politique et qu’elle n’appuiera pas de sitôt sur le bouton de réduction du taux. Naturellement, le dollar australien a terminé la journée au plus élevé contre la plupart de ses homologues.

Banque Centrale du Canada, pas de baisse des taux, mais …

La Banque du Canada (BOC: BAnque of Canada) aurait pu conserver ses taux à 0,50% comme prévu, mais c’est certain elle n’a pas hésité sur son statu quo! Pour commencer, la banque centrale a reconnu que la croissance dans la première moitié de l’année n’est pas aussi rose qu’elle l’avait estimé en mai. Elle a également prévu une baisse de la croissance économique au T2 2016, en cause les incendies en Alberta et une baisse plus importante que prévu des exportations.

La BAnque Centrale canadienne a été un peu plus généreuse en ce qui concerne l’inflation, en disant qu’elle est encore « à peu près » en ligne avec ses attentes. Cependant, elle a également reconnu que la baisse des prix de l’énergie ont fait basculer les risques d’inflation vers la baisse.

Dernier commentaire mais non le moindre, la BOC attend un rebond au 3ème trimestre 2016, la production de pétrole remonte, l’Alberta récupérant des incendies, et les dépenses de consommation recevant un coup de pouce.

Les traders n’ont pas acheté l’optimisme de la Banque Centrale du Canada et se sont focalisé sur le statu quo. La monnaie canadienne qui est étroitement liée au pétrole a chuté vers de nouveaux plus bas.

Banque Centrale Européenne, pourquoi pas une nouvelle stimulation

Tout comme la Réserve australienne ou la banque centrale du Canada, la Banque centrale européenne (BCE) s’est opposée à tout changement de politique ce mois-ci. Cela a déçu de nombreux traders qui attendaient Draghi pour aller dans le sens de leurs espoirs. Le taux de refinancement à 0%, le taux de prêt marginal à 0,25%, le taux de dépôt à  -0.40%, le programme de rachat d’actifs à 80 milliard d’euros par mois, et même la déclaration officielle tout reste inchangé pour un mois de plus.

Les nouvelles projections de la banque centrale européenne ne sont pas si chaude non plus. La croissance devrait maintenant atteindre les 1,7% en 2016, en hausse par rapport aux estimation précédentes de 1,6%, mais en 2017 et 2018 les estimations du PIB sont révisées à la baisse de 1,7% à 1,6%, c’est un jeu à somme nulle. Les prévisions d’inflation sont mitigées, avec pour 2016 un maintient à 0,2% mais 2018 est encore à 1,6%, tandis que 2017 a été abaissée de 1,3% à 1,2%.

Ce qui a attiré plus d’attention des investisseurs était le refus de Mario Draghi de fournir des orientations avancées sur le programme d’assouplissement quantitatif. L’ensemble du programme actuel doit expirer en Mars 2017 et, étant donné que l’inflation n’a pas encore significativement décollé, beaucoup d’investisseurs s’attendaient à une extension de ce programme. Au lieu de cela, Mario Draghi a défendu la politique actuelle de la banque centrale en affirmant que la perspective de l’extension du programme d’assouplissement quantitatif n’a même pas fait l’objet de discussion…

Les acteurs du marché ont pas été impressionnés. Mario Draghi  a déclaré que le programme de la banque centrale est efficace et qu’il faut mettre l’accent sur sa mise en œuvre, ce qui a été pris comme un signe que la BCE est à court de munition pour atteindre son objectif d’inflation de 2,0%. Malgré cela, l’euro a seulement perdu ses gains de la journée contre le dollar et la livre et terminé la journée plus élevé par rapport à ses autres homologues.

Mark Carney de la Banque d’Angleterre, c’est aucun regret

La Banque d’Angleterre (BOE) a prévu de communiquer ses décisions de politique monétaire la semaine prochaine, mais déjà le gouverneur Mark Carney fait les manchettes. Lors d’un  communiqué sur l’inflation la semaine dernière, le grand manitou de la Banque d’Angleterre évacua le sujet concernant le fait que la banque centrale avait crié au loup sur le vote Brexit.

Si vous vous souvenez, il y a quelques mois Carney et son équipe ont averti qu’un vote pour quitter l’UE pourrait conduire au chômage, au ralentissement de la croissance, et même à une récession. Le président de la Banque d’Angleterre et son équipe ont été démentis par les faits sachant que les dernières enquêtes de conjoncture post-Brexit suggèrent que Brexit n’a pas freiné l’activité économique autant que la BOE l’avait prédit.

Cependant Monsieur Carney évacua les critiques en disant qu’il est absolument serein concernant les décisions du Comité de politique monétaire (MPC) et du Comité de la politique fiscale (FPC) à ce jour. Il a même laissé entendre que les améliorations dans le climat des affaires et la production en Août peuvent être attribués aux récents changements de politique de la BOE. Bref il s’est auto congratulé et ce malgré ses prédictions hasardeuses… aucun regret!

Banque nationale suisse, la leçon de maître Jordan

Le président Thomas Jordan Banque nationale suisse (BNS) a défendu les banquiers centraux dans son discours à l’Université de Lucerne.

Lorsqu’on lui demande comment la banque centrale peut aider les fonds de pension impactés par les faibles taux d’intérêt de la Banque nationale Suisse, Thomas Jordan a reconnu les difficultés avant de souligner que les banquiers centraux ne peuvent pas résoudre ce genre de problèmes, avec une politique monétaire visant la stabilité des prix la banque centrale contribue à une situation qui permet la croissance économique et la prospérité. Jordan a refusé de commenter davantage les politiques de la Banque nationale, en disant que nous devrions rester à l’écoute pour plus de détails le 15 Septembre quand lui et son équipe de presse feront leur déclaration.

Discours de Janet Yellen de la Réserve fédérale américaine

C’est le status quo, pas de hausse de taux pour l’instant mais bientôt sans trop savoir quand puisque cela dépendra de l’évolution de la situation économique selon Madame Yellen. Voir notre article sur le discours de Janet Yellen de Jackson Hole.

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