Les membres de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) se sont réunis fin septembre, le résultat est que le prix du pétrole est monté. Qu’est-il réellement arrivé ? Eh bien, voici ce que vous devriez savoir sur cette réunion de l’OPEP et ses conséquences possibles.

La surproduction reste un problème majeur

Monsieur Mohammed Bin Saleh Al-Sada le ministre de l’énergie du Qatar et actuel président de l’OPEP a fait un résumé rapide du marché du pétrole du point de vue de l’OPEP dans son discours d’ouverture.

Du côté de la demande de pétrole, le président de l’OPEP a déclaré qu’il n’y a pas de problème majeur parce que la demande reste solide. L’Opep prévoit actuellement que la demande va augmenter de 1,2 million de barils par jour cette année, ce qui reste inchangé par rapport à sa prévision de Juin. Et mieux encore, la demande devrait croître à un rythme similaire en 2017.

Donc coté demande tout est bon cependant le président de l’Opep a admis qu’il y a un problème du côté de l’offre. En Juin, par exemple, l’OPEP prévoit que la production de pétrole des producteurs non-OPEP baisserait de 740 000 barils par jour en 2016. Malheureusement, cette projection a été révisé à 600.000 barils par jour, étant donné que l’offre ne tombe pas aussi rapidement que prévu. Et pour aggraver les choses l’année prochaine, la production de pétrole des producteurs non-OPEP devrait finalement augmenter de 200 000 barils par jour en 2017 selon les dernières prévisions actuelles. Il faut savoir qu’à l’origine, la production de pétrole des producteurs non-OPEP devait baisser de 100 000 barils par jour en Juin.

Compte tenu du problème de l’offre excédentaire persistante, l’OPEP a dû accepter que ses projections de rééquilibrage entre l’offre et la demande du marché pétrolier de cette fin d’année et du premier semestre 2017 soit maintenant repoussée vers des dates plus lointaines. Par conséquent, il y a maintenant un plus grand degré d’urgence à assurer un retour à l’équilibre entre l’offre et la demande le plus rapidement possible.

L’OPEP prévoit de réduire sa production

Selon un récent rapport publié sur Bloomberg, les membres de l’OPEP auraient conclu un accord de réduction de production de pétrole. Ce rapport s’est finalement révélé être vrai lorsque l’OPEP a reconnu dans un communiqué de presse officiel qu’il y avait effectivement un problème sur le marché du pétrole, et que son origine était principalement du côté de l’offre. L’OPEP opterait donc pour un objectif de production compris entre 32,5 et 33 million de barils par jour, en vue d’accélérer la baisse des stocks et d’amener rééquilibrage entre l’offre et la demande.

Il faut savoir que c’est la première décision de ce type depuis 2008 et si cette volonté porte réellement ses fruits, cela pourrait changer pas mal de chose sur le plan économique mondial. Pour mettre cela en perspective, la production de pétrole de l’OPEP en août était de plus de 33,237 millions de barils par jour, selon le dernier rapport mensuel de l’OPEP. Un objectif de production compris entre 32,5 et 33,0 millions de barils signifierait donc effectivement une coupe d’environ 237 000 à 737 000 barils par jour par rapport à ses niveaux d’août en sortie de production.

La réduction de la production de pétrole ne sera pas immédiate

Il faut souligner ici que le projet de réduction de la production de l’OPEP n’a pas encore été mis en œuvre. Encore une fois, donc aujourd’hui la production n’est pas limité, nous sommes dans la phase de planification.

L’OPEP va d’abord établir un comité de haut niveau composé de représentants des pays membres, soutenus par le Secrétariat de l’OPEP, pour étudier et faire des recommandations sur  la mise en œuvre de cette réduction de la production au niveau des pays membres .

En bref, les membres de l’OPEP devront d’abord trouver un accord entre eux à savoir qui réduira sa production de pétrole et de combien de barils. Une proposition finale sera présentée et actée lors de la réunion de l’OPEP du 30 novembre, ce qui laisse encore deux mois aux producteurs pour produire un maximum de barils et augmenter leur stock.

Certains membres de l’OPEP pourrait être exemptés

L’Iran qui est à peine sortie des sanctions économiques a refusé catégoriquement cet accord sur la réduction de la production de pétrole au moins jusqu’à ce qu’elle atteigne un niveau de production de 4 millions de barils par jour.

De même, le Nigeria a demandé d’être exempté de cette accord du fait qu’il ait perdu littéralement entre 500 000 et 700 000 barils par jour en moyenne depuis un an en raison des perturbations dans le delta du Niger selon les déclarations du ministre nigérian.

De même la Libye n’a pour sa part adhéré à cet accord de production du fait qu’elle doit remettre sur pied son industrie pétrolière après des années de conflit de l’ère post-Kadhafi.

La communication de l’OPEP n’a pas explicitement indiqué quelles sont les concessions qui ont été accordées à ces membres de l’OPEP, mais selon les déclarations du ministre saoudien du pétrole l’Arabie Saoudite semblait leur accorder une exemption en déclarant que l’Iran, le Nigeria et la Libye serait autorisé à produire à des niveaux maximums « ce qui est logique » toujours selon ses déclarations.

Les pays non membre de l’OPEP sont invités à coopérer

Mis à part son intention de réduire la production, l’OPEP prévoit également de développer un cadre de consultations de haut niveau entre l’OPEP et les pays producteurs non membre de l’OPEP de manière à pouvoir prendre des mesures proactives qui permettraient d’assurer un marché pétrolier en équilibre sur des bases durables. En d’autres termes, l’OPEP prévoit de demander aux pays non membres de l’OPEP de coopérer dans le but de réduire la production de pétrole.

La Russie serait probablement le pays en haut de la liste, puisque le niveau de production de pétrole en Russie atteint des niveaux qui n’ont pas été atteint depuis l’époque soviétique des années 1980 avec une production de plus de 11 millions de barils par jour ce mois-ci, en hausse de 400 000 barils par jour par rapport à Août.

Cependant, il y a de l’espoir car le ministre du Pétrole russe Alexander Novak devrait à nouveau se réunir avec l’Arabie Saoudite en Octobre. En outre, Novak a promis que la Russie peut apporter sa contribution pour voir un rééquilibrage rapide du marché tout en précisant que la Russie préfère plafonner sa production de pétrole aux niveaux actuels et que la Russie ne se joindra pas à un accord sauf si les membres de l’OPEP parviennent à un accord entre eux d’abord.

Les conséquences probables d’une hausse du prix du baril de pétrole

Il est donc évident que les pays producteurs de pétrole ont tout intérêt à se mettre d’accord pour réduire la production globale de pétrole afin de l’aligner sur la demande ce qui fera augmenter le prix du baril. L’effet de cette annonce a déjà fait bondir le prix du baril mais le marché attend maintenant la concrétisation de cette accord.

Si cet accord est scellé dans le marbre par les pays producteurs, la hausse du prix du baril pourrait changer l’équilibre économique actuel en poussant l’inflation à la hausse, obligeant de fait les banques centrales à remonter leur taux ce qui ne fera pas les affaires des états et entreprises qui se seront fortement endettés mais également du budget essence des particuliers.

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