Si vous avez manqué le dernier discours de Janet Yellen, la présidente de la Réserve Fédérale, voici ce que nous en avons retenu.

Optimisme sur l’économie États-Unis

La croissance

Yellen a reconnu que la croissance économique « n’a pas été rapide », faisant allusion à la faiblesse de la croissance dans la première moitié de l’année. Mais elle n’a pas tardé à ajouter qu ‘ « elle a été suffisante pour générer une nouvelle amélioration sur le marché du travail. »

À l’avenir, Yellen attend de voir « une croissance modérée et continue du PIB réel menée par une solide croissance des dépenses des ménages ». Cependant, elle a également déploré le fait que l’investissement des entreprises reste faible ainsi que la demande étrangère et que l’appréciation du dollar depuis mi-2014 continuer à restreindre les exportations.

Marché du travail

En ce qui concerne le marché du travail, Yellen a d’abord souligné que le gain d’emplois en moyenne au cours des trois derniers mois était de 190 000. Quelle est la signification de cela, demandez-vous? Eh bien, selon son discours de l’année dernière en décembre 2015 Janet Yellen avait indiqué qu’afin de fournir simplement des emplois pour ceux qui sont nouvellement entrés sur le marché du travail il faudrait probablement créer au minimum 100 000 emplois par mois. Le président de la Fed d’Atlanta Dennis Lockhart a également dit la même chose dans sa déclaration du 16 août: Il voudrais voir la poursuite des gains d’emploi, avec une cadence au delà du seuil de 80 000 à 100 000 qui représente un seuil de rentabilité pour l’économie américaine. Un gain d’emplois au-dessus de 100 000 est donc un bon indicateur, bien que Lockhart ait également ajouté qu’il trouverait très encourageant des gains mensuels de 150 000.

Mis à part les gains d’emplois solides, Yellen a également souligné que le taux de chômage est resté relativement stable cette année et que des mesures plus larges de l’utilisation du travail se sont améliorées. Enfin, Yellen a dit qu’elle et d’autres membres du FOMC attendent un amélioration supplémentaire du marché du travail.

L’inflation

Quant à l’inflation, Yellen a indiqué comme d’habitude qu’elle est au-dessous de l’objectif des 2% du FOMC tout en ajoutant que cela est dû en partie à des «effets transitoires» qui commenceront à disparaître bientôt… comprenne qui pourra. Et elle a ajouté que l’inflation devrait augmenter de 2% au cours des prochaines années.

Plus grande probabilité d’un hausse des taux

Compte tenu des perspectives optimistes sur l’économie aux Etats-Unis, Yellen a conclu que la probabilité d’une hausse des taux s’est renforcée ces derniers mois.

Cependant elle a mis en garde sur le fait que la politique monétaire est dépendant des données économique et que comme toujours, les perspectives économiques sont incertaines. Et d’ajouter que la politique monétaire n’est pas sur un parcours prédéfini à l’avance.

Concrètement la déclaration de Yellen était plutôt vague,  elle n’a pas donné une date précise quand la prochaine hausse de taux.

Les outils de la politique monétaire de la Fed

Le reste du discours de Yellen a été consacrée aux données plus techniques de la politique monétaire de la Fed qui sont en grande partie sans conséquence sur le comportement des marchés. La seule information réelle ici est que le projet des responsables de la Fed est de monter les taux du marché progressivement jusqu’à 3%, puis de les maintenir à plus long terme.

Ensuite, Yellen a d’abord parlé de la boîte à outils de crise de la dette d’avant 2008, qui ne consistait qu’à élever ou abaisser le taux des fonds fédéraux dans le cadre des opérations d’open market. Ces outils ont ensuite été élargis pour inclure le paiement des intérêts sur les soldes des réserves des banques (un autre moyen pour contrôler le taux des fonds fédéraux), les achats d’actifs à grande échelle (par exemple l’assouplissement quantitatif), ainsi qu’une communication plus proactive comme la probabilité d’une hausse future des taux.

Janet Yellen a conclu sa leçon d’histoire en disant que les outils de la Fed ont été efficaces, ce qui est la raison pour laquelle la Fed elle a pu faire sa hausse de taux en décembre dernier, malgré les « vents contraires » tels que le choc défavorable de la demande de étrangère, une politique budgétaire restrictive, et la politique de resserrement du crédit par les banques en particulier pour le logement. Elle a indiqué qu’à l’avenir, la Fed devra faire des hausse de taux plus progressivement.

Il est a noter que l’objectif de taux à 3% à long terme est nettement inférieur à la moyenne de 7% entre 1965 et 2000. La Réserve Fédérale limite de facto sa capacité à baisser ses taux si une autre crise ou récession venait à frapper l’économie américaine. Pour y remédier, les décideurs de la FED pourraient opter pour quelques outils supplémentaires qui ont d’ailleurs été employés par d’autres banques centrales, l’un des outils les plus évident serait bien sûr d’inclure la possibilité d’acheter un plus large éventail d’actifs.

Cependant Janet Yellen a ensuite souligné qu’elle et les autres membres du FOMC ne considèrent pas actuelle ces outils supplémentaires dans le cadre de leur politique monétaire. Nous supposons qu’elle ne veut pas donner au marché l’impression que la Fed songe à un assouplissement de sa politique.

Quoi qu’il en soit, Yellen a poursuivi en soulignant le rôle de la politique monétaire de la Fed mais que la politique budgétaire du gouvernement des États-Unis a également un rôle important à jouer.

Enfin, elle a ajouté que nous devrions explorer les moyens d’augmenter la productivité car une croissance de la productivité aurait tendance à élever le niveau moyen des taux d’intérêt et donc fournirait la Réserve fédérale une plus grande latitude pour assouplir la politique monétaire dans l’éventualité d’une récession. Mais plus important encore, la croissance de la productivité améliorerait le niveau de vie des Américains.

La réaction du billet vert

La déclaration de Janet Yellen selon laquelle « la probabilité d’une hausse de taux des fonds fédéraux s’est renforcée » a provoqué une hausse du billet vert, ce qui est une réaction habituelle. Cependant, après le pic initial le dollar est revenu sur ses positions, probablement en raison des mises en garde ou le fait que la présidente de la Fed n’ait pas vraiment donner un message clair sur le timing de la prochaine hausse de taux.

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